On peut être convaincu que l’intelligence artificielle va transformer nos vies et faire un mauvais investissement dans l’IA (OpenAI, Anthropic, Mistral, AMI Labs…). L’utilité d’une technologie et le rendement de ceux qui la financent sont deux choses différentes.
OpenAI, qui développe ChatGPT, et Anthropic, qui développe Claude, construisent des outils dont nous profitons déjà. Mais qui gardera la plus grosse part de la valeur créée : leurs actionnaires, les fabricants de puces, les entreprises qui utilisent ces outils, ou leurs clients ? La concurrence peut faire baisser les prix bien avant que les investisseurs aient récupéré leur mise.
Cette question m’est venue en étudiant une opportunité dans la longévité, les recherches et les activités qui visent à prolonger la vie en bonne santé. Plus je creusais ce marché, plus je voulais comprendre à qui sa croissance profiterait. J’ai donc regardé huit histoires, des chercheurs d’or aux fabricants de puces. Elles donnent aussi de quoi prendre du recul sur l’IA.
La croissance peut profiter à quelqu’un d’autre
Un marché qui grossit attire des entreprises, des usines et de l’argent. Il peut aussi attirer tellement de concurrence que les prix baissent plus vite que les ventes ne montent. Le client y gagne. L’actionnaire, beaucoup moins.
C’est comme un loueur de paddles qui s’installe seul sur une plage. Si des concurrents ouvrent à côté et baissent leurs tarifs, la plage peut se remplir sans que chaque loueur gagne davantage. Les vacanciers profitent des prix, pendant que le magasin qui fournit les paddles vend aux nouveaux arrivants.
Par “capter la valeur”, j’entends donc des choses différentes selon notre place : payer moins cher un service, conserver des bénéfices dans une entreprise ou obtenir un rendement sur notre investissement.
Même à l’échelle d’un pays, le lien est loin d’être automatique. Les chercheurs Elroy Dimson, Paul Marsh et Mike Staunton ont comparé la croissance économique et les rendements boursiers de 21 pays entre 1900 et 2013. Les pays où la richesse produite par habitant avait le plus augmenté n’étaient pas ceux où les actions avaient le mieux rapporté. Ce résultat ne permet pas de prédire le rendement d’une entreprise ; il empêche surtout de prendre la croissance pour une garantie.
Pour internet, on dispose d’un exemple plus proche de l’IA. Entre 2000 et 2010, le nombre d’internautes est passé de 400 millions à plus de 2 milliards. Pourtant, en additionnant l’argent déjà reversé et la valeur des participations encore détenues à mi-2020, les fonds américains de capital-risque lancés en 1999 et 2000 représentaient respectivement 0,95 et 1,05 fois la mise de leurs souscripteurs. Autrement dit, presque aucun gain global après vingt ans. Les fonds lancés en 1996 avaient, eux, multiplié la mise par cinq, selon Cambridge Associates, un cabinet de conseil en investissement.
Internet a tenu sa promesse d’usage. Le prix et le moment auxquels on y investissait ont fait une énorme différence.
Huit marchés en croissance, des gagnants différents
La ruée vers l’or : les fameux vendeurs de pelles
En Californie, la valeur de l’or extrait passe de 10 millions de dollars en 1849 à 81 millions en 1852. Mais les prospecteurs affluent eux aussi. Selon l’historien Rodman Paul, leur gain journalier moyen tombe d’environ 20 dollars en 1848 à 3 dollars en 1859.
Samuel Brannan, lui, vend aux mineurs les pelles, les pioches et les provisions nécessaires pour tenter leur chance. Ses magasins encaissent plus de 100 000 dollars en quelques mois, et il devient le premier millionnaire de Californie. Wells Fargo, créée en 1852, propose des services bancaires et le transport de l’or. Levi Strauss s’installe en 1853 comme grossiste en tissus et autres marchandises pour les boutiques de l’Ouest.
Ces marchands peuvent gagner de l’argent même si leur client ne trouve pas d’or. Ce sont les fameux vendeurs de pelles.
Pour l’IA, le parallèle vient facilement : les fabricants de puces et de matériel vendent aux entreprises qui cherchent la prochaine application rentable. Mais vendre les pelles ne dispense pas de regarder le prix auquel on achète le marchand.
Les chemins de fer britanniques : les usagers et les financeurs prioritaires
Au milieu des années 1840, les Britanniques financent des lignes de chemin de fer dans tout le pays. Le réseau en service triple entre 1844 et 1850. L’indice des actions ferroviaires perd pourtant 64% entre juillet 1845 et octobre 1849.
Les lignes restent largement en service. Les voyageurs et les entreprises profitent donc du réseau que les actionnaires ont payé, même lorsque ces derniers perdent de l’argent.
Tous les financeurs ne sont pas logés à la même enseigne. Les créanciers ont prêté aux compagnies. Les porteurs d’actions de préférence ont des droits prioritaires sur ceux des actionnaires ordinaires, notamment pour recevoir des revenus.
Dans son étude de cette période, le chercheur Andrew Odlyzko relève que les créanciers et les porteurs d’actions de préférence ont obtenu des rendements supérieurs au marché, au détriment des actionnaires ordinaires. La place dans le financement comptait autant que le choix du secteur.
Les recettes du rail ont même fini par dépasser les prévisions faites au sommet de l’enthousiasme, en 1845. En 1905, soit soixante ans plus tard (une patience difficile à faire rentrer dans un plan de retraite).
Les compagnies aériennes : les passagers
Aux États-Unis, le nombre de passagers embarqués passe de 19 millions en 1950 à 983 millions en 2024. Pourtant, sur la période 1977-2024, les compagnies américaines dégagent au total 29,8 milliards de dollars de bénéfice net pour 5 010 milliards de recettes. Il leur reste en moyenne 60 centimes de bénéfice pour 100 dollars de ventes.
Warren Buffett a connu le problème de près. Berkshire Hathaway, sa société d’investissement, a acheté des actions de préférence de la compagnie US Air en 1989. Les difficultés de la compagnie l’ont ensuite amenée à suspendre les dividendes de ces titres. Berkshire a fini par revendre ces titres avec un gain en 1998, mais après avoir craint une lourde perte.
Dans sa lettre de 2007, il pousse la plaisanterie jusqu’à imaginer qu’un investisseur aurait pu rendre service à ses successeurs en empêchant Orville Wright de voler à Kitty Hawk. Le contexte : en 1903, Orville et son frère Wilbur réalisent près de Kitty Hawk les premiers vols motorisés contrôlés d’un avion. Buffett force le trait pour dire que cette invention extraordinaire pour les passagers a englouti beaucoup d’argent chez ceux qui ont financé les compagnies.
Où est passée la valeur ? Une partie est allée aux voyageurs, sous forme de billets moins chers. L’économiste Severin Borenstein mesure une baisse de la recette par passager et par mile, après inflation, de 2,2% par an entre 1978 et 1988, puis de 2,6% par an pendant les dix-neuf années suivantes. Nous avons pu voyager davantage pour moins cher, sans que les compagnies en tirent de fortes marges.
La fibre optique : les repreneurs et les utilisateurs
À la fin des années 1990, les opérateurs américains construisent des réseaux pour transporter le futur trafic internet. L’investissement annuel en équipements de télécommunication passe d’environ 62 milliards de dollars début 1996 à plus de 135 milliards fin 2000, en dollars de 1996.
Le problème est le décalage entre ce qu’on construit et ce que les clients achètent déjà. Les câbles peuvent servir pendant des années, mais les entreprises qui les financent doivent payer leurs dépenses et leurs dettes avant que la demande ne soit suffisante.
Global Crossing, un opérateur qui avait dépensé 13,7 milliards de dollars pour construire son réseau, dépose le bilan en 2002. Ses actionnaires ne reçoivent rien. Singapore Technologies Telemedia, un investisseur dans les télécommunications, prend ensuite 61,5% de la société réorganisée pour 250 millions de dollars.
Le réseau existe toujours, mais son nouveau propriétaire n’a pas payé le même prix. Les entreprises qui l’utilisent profitent aussi de la baisse des tarifs : les relevés historiques de William Norton, spécialiste de l’interconnexion des réseaux, donnent un prix du transit internet américain passé de 1 200 dollars par mégabit par seconde et par mois en 1998 à 5 dollars en 2010. Il s’agit du service de transport vendu aux réseaux, pas du prix de notre abonnement à la maison.
L’infrastructure a rendu service bien après avoir ruiné une partie de ceux qui l’avaient financée. C’est comme construire un immense restaurant pour une clientèle qui n’arrive que plusieurs années plus tard : le repreneur peut remplir la salle, alors que celui qui a payé les travaux a déjà fermé.
Le rapprochement avec l’IA m’intéresse particulièrement. Le prix payé pour utiliser un modèle peut baisser quand les logiciels et les machines deviennent plus efficaces, mais aussi quand de nouveaux concurrents proposent une qualité comparable. Pour l’utilisateur, c’est une bonne nouvelle. Pour celui qui a investi en comptant vendre longtemps au prix de départ, c’est un problème à résoudre.
Le solaire : les acheteurs, et des fournisseurs pendant un temps
La capacité solaire mondiale est multipliée par 127 entre 2008 et 2024. Le coût des panneaux photovoltaïques en silicium cristallin baisse de 97% entre 2010 et 2024. Celui de l’électricité produite par les grandes centrales solaires baisse de 90%, selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, l’IRENA.
Des fabricants pionniers disparaissent ou passent par la faillite : Solyndra en 2011, Q-Cells en 2012, Suntech en 2013, SunEdison en 2016. Produire quelque chose dont le monde a besoin n’a pas suffi à les sauver.
Les industriels chinois ont ensuite pris plus de 80% de chaque grande étape de fabrication. Cette domination ne les protège pas de la concurrence entre eux : en 2024, l’Agence internationale de l’énergie relève des marges nettes négatives chez les fabricants intégrés, ceux qui réunissent plusieurs étapes de production.
La baisse des coûts peut être transmise aux acheteurs au lieu de rester dans les bénéfices des fabricants.
Un fournisseur peut néanmoins gagner beaucoup lorsqu’il manque un élément indispensable. Daqo New Energy fabrique du polysilicium, le silicium de haute pureté utilisé dans les cellules solaires. En 2022, Daqo affiche 74% de marge brute : sur 100 dollars de ventes, il lui reste 74 dollars après les coûts de fabrication, avant les autres charges. Son bénéfice net atteint 1,8 milliard de dollars. En 2024, il perd de l’argent.
Une pénurie peut enrichir un fournisseur puis disparaître lorsque la production rattrape la demande. Pour les puces et le matériel d’IA, la question est donc aussi la durée de cet avantage. Une forte marge aujourd’hui ne prouve pas qu’elle sera encore là lorsque toutes les usines et tous les centres de données annoncés fonctionneront.
La voiture électrique : les batteries et le client
Les ventes mondiales de voitures électriques passent d’environ 3 millions en 2020 à plus de 17 millions en 2024. Pourtant, cinq jeunes constructeurs entrés en Bourse pendant cette vague, Nikola, Fisker, Lordstown, Arrival et Canoo, ont fait faillite entre 2023 et 2025. Chez Nikola, le plan de liquidation prévoit l’annulation des actions sans valeur pour leurs détenteurs.
Pendant ce temps, CATL, fabricant chinois de batteries pour les véhicules électriques, porte sa marge brute de 17,6% en 2022 à 24,4% en 2024. Le constructeur chinois BYD augmente son bénéfice de 34% en 2024. Tesla reste rentable cette année-là, mais sa marge brute automobile recule de 28,5% en 2022 à 18,4% en 2024.
Le client en profite lui aussi : selon l’Agence internationale de l’énergie, deux voitures électriques vendues sur trois en Chine en 2024 coûtent moins cher que leur équivalent thermique, avant les aides à l’achat. Un même marché peut faire gagner un fournisseur, enrichir certains constructeurs, en éliminer d’autres et réduire la facture du client.
Le cannabis canadien : l’État et le consommateur
Après la légalisation en octobre 2018, les ventes légales canadiennes passent de 1,19 milliard de dollars canadiens en 2019 à 5,62 milliards en 2025. Canopy Growth, Tilray et Aurora, trois producteurs devenus les vedettes boursières du secteur, ont pourtant perdu plus de 99% depuis leurs sommets. Les calculs tiennent compte des regroupements, qui remplacent plusieurs anciennes actions par une seule nouvelle sans effacer les pertes.
L’État, lui, perçoit 2,5 milliards de dollars canadiens sur l’exercice 2024-2025, en taxes et revenus publics liés au cannabis. Ce total comprend 517 millions de bénéfice net pour les organismes provinciaux qui distribuent le produit. Les recettes publiques représentent l’équivalent d’environ 45% des ventes légales hors taxes, mesurées sur cet exercice.
Le consommateur bénéficie également de la baisse des prix : l’indice canadien des prix du cannabis récréatif a reculé de 31% entre décembre 2018 et août 2026, avant même de tenir compte de l’inflation.
La croissance des ventes n’indique pas quelle part restera aux actionnaires après les taxes et la concurrence sur les prix.
Internet puis l’IA : le vendeur de pelles peut aussi être trop cher
Cisco vend notamment des équipements qui font circuler les données sur internet. C’était donc un vendeur de pelles de la révolution numérique. Son activité a grandi, mais son action, achetée au sommet de mars 2000, n’a retrouvé ce cours qu’en décembre 2025. Les dividendes versés à partir de 2011 ont raccourci l’attente pour l’investisseur, sans effacer les longues années de perte.
Une bonne entreprise peut être un mauvais investissement si l’on paie d’avance trop de croissance.
Pour l’IA, Nvidia conçoit les puces utilisées notamment pour entraîner et faire fonctionner les modèles. Entre ses exercices 2023 et 2026, son chiffre d’affaires passe de 27 à 216 milliards de dollars et son bénéfice net de 4,4 à 120 milliards. L’exercice 2026 de Nvidia se termine en janvier 2026 : ce ne sont pas des prévisions pour la fin de l’année civile.
D’autres fournisseurs gagnent de l’argent en amont. TSMC fabrique des puces pour des entreprises qui les conçoivent ; ASML vend les machines permettant de graver les circuits sur les plaques de silicium. Leurs marges brutes atteignent respectivement environ 60% pour TSMC et 53% pour ASML sur l’année 2025.
Ces bénéfices existent déjà. Ils ne nous disent pas à quel prix leurs actions constituent un bon achat. Cisco rappelle que même le bon métier ne protège pas d’un prix d’entrée excessif.
Pour l’IA, qui gardera les gains ?
Les huit histoires ne prédisent pas le destin d’OpenAI ou d’Anthropic. Elles nous obligent à séparer plusieurs façons de profiter de l’IA.
Pour les utilisateurs, la valeur peut arriver sous forme de temps gagné et de prix plus bas. Le rapport AI Index 2025 de Stanford compare le prix facturé pour traiter une même quantité de texte avec des modèles atteignant au moins le niveau de GPT-3.5 sur un même test. Entre novembre 2022 et octobre 2024, ce prix a été divisé par plus de 280. La comparaison porte sur des modèles différents et sur ce test précis, pas sur toutes les utilisations possibles de l’IA.
C’est le parallèle avec la fibre, mais sur une période beaucoup plus courte. Pour ce niveau de performance, le prix demandé à l’utilisateur a chuté. Et si les entreprises qui utilisent l’IA se font concurrence à leur tour, une partie de leurs économies peut finir chez leurs propres clients.
Par “laboratoires d’IA”, je désigne ici les entreprises qui conçoivent et entraînent les modèles d’intelligence artificielle.
Pour les laboratoires d’IA, gagner des utilisateurs ne suffit pas : il faut conserver une marge. Développer les modèles et répondre aux demandes consomme des ressources. Si la concurrence oblige à baisser les prix, il faut que le coût du service baisse suffisamment, que les volumes compensent, ou qu’un avantage permette de facturer davantage. La rentabilité dépend de cette combinaison, pas seulement du nombre de personnes qui utilisent l’IA.
Quand un prix d’entrée suppose déjà une forte croissance, il faut se demander combien de bénéfices pourront être conservés, pendant combien de temps et quelle part reviendra à chaque actionnaire. Une technologie peut réussir bien au-delà de nos attentes tout en rapportant moins que ce qu’un prix d’entrée très élevé suppose.
Pour les fournisseurs de matériel, il faut regarder combien de temps leur avantage peut durer. Les bénéfices de Nvidia montrent que la valeur se concentre déjà à certains endroits. Le solaire rappelle qu’une pénurie peut se résorber ; Cisco, que l’enthousiasme peut porter le cours trop haut. Ce sont deux risques différents, qui peuvent se cumuler.
Mon hypothèse est qu’une partie importante de la valeur de l’IA pourra être captée par ses utilisateurs et certains fournisseurs, sans revenir dans les mêmes proportions aux investisseurs qui financent les modèles. C’est une hypothèse à examiner, pas la preuve que tous ces investissements vont échouer. Certains laboratoires peuvent conserver un avantage durable et en tirer de bons bénéfices. Un laboratoire pourrait par exemple garder ses clients parce que son outil est intégré à leur travail, et améliorer sa marge si son coût par réponse baisse plus vite que son prix de vente. Il faut démontrer cet avantage, puis regarder le prix payé pour y participer.
La longévité pose la même question
Le marché qui a déclenché cette réflexion reste intéressant. Longevity.Technology est un média spécialisé qui publie aussi des études sur ce secteur. Dans son rapport de septembre 2026, les investissements dans les biotechnologies de la longévité sont passés de 4,7 milliards de dollars en 2024 à 18,4 milliards en 2025. Ce rapport projette un marché de 617 milliards en 2045. Ces montants de financement et cette estimation de marché futur ne donnent pas le rendement de notre investissement.
Le secteur voisin des traitements de l’obésité montre déjà que les trajectoires peuvent diverger. En 2025, le groupe pharmaceutique Eli Lilly voit son chiffre d’affaires progresser de 45% et son bénéfice net de 95%. Chez son concurrent Novo Nordisk, les ventes augmentent de 6% en couronnes danoises et le bénéfice net de 1%. En Inde, l’arrivée en 2026 de génériques du sémaglutide, la molécule de certains traitements de Novo Nordisk, s’accompagne de prix annoncés jusqu’à 80% plus bas par les fabricants concernés.
Sur ce marché aussi, les bénéfices dépendent du produit, de la concurrence, des brevets et du prix de vente. Le patient peut gagner en accessibilité pendant que les positions des laboratoires pharmaceutiques changent.
Ce que je regarde avant d’investir
Quand on me présente un marché promis à une forte croissance, sa taille m’intéresse. Mais je veux aussi comprendre qui peut conserver une marge lorsque les concurrents arrivent, et ce que le prix d’entrée suppose déjà comme réussite.
C’est le travail que je mène sur les startups avec InvestorX, mon club d’investissement, et sur d’autres opérations avec Fast-Track Investor. Étudier une entreprise, ses avantages et les conditions d’investissement permet d’aller au-delà du graphique qui monte. Cela ne supprime ni le risque de perte ni l’immobilisation de notre argent.
Pour l’opportunité dans la longévité, j’ai mis le dossier en attente, le temps de voir comment les choses évoluent. Je peux revenir dessus quand j’aurai les éléments nécessaires pour décider.
Pour prolonger cette réflexion, tu peux lire ma grille de sélection des startups. Un marché prometteur mérite qu’on l’étudie. Il ne nous oblige pas à investir tout de suite. Le principal allié de l’investisseur, c’est la patience.
Sources
Les exemples historiques gardent leurs périodes d’observation. Les comparaisons avec l’IA sont des hypothèses de lecture, pas des prévisions de rendement.
Croissance et rendement des investisseurs
- Dimson, Marsh et Staunton, Credit Suisse Global Investment Returns Yearbook 2014, chapitre “The growth puzzle” : croissance du PIB par habitant et rendement réel des actions, 21 pays entre 1900 et 2013. Rapport.
- Cambridge Associates, US Venture Capital Index, données au 30 juin 2020 : valeur totale rapportée au capital versé, nette des frais, de 0,95 fois pour le millésime 1999, 1,05 fois pour 2000 et 5,07 fois pour 1996. La valeur totale comprend les distributions et la valeur résiduelle des participations. Rapport.
- Union internationale des télécommunications : 400 millions d’internautes en 2000, plus de 2 milliards en 2010. ICT Facts and Figures 2010.
Ruée vers l’or et chemins de fer
- Rodman W. Paul, California Gold, 1947 : valeur de l’or extrait en Californie et gains journaliers des mineurs. Ouvrage numérisé.
- California State Parks : magasins de Samuel Brannan, marchandises et fortune. Histoire de Brannan.
- Wells Fargo : banque et transport dès 1852. Histoire de l’entreprise. Levi Strauss & Co. : arrivée à San Francisco en 1853 et commerce de gros. Histoire de l’entreprise.
- Andrew Odlyzko, Collective hallucinations and inefficient markets: The British Railway Mania of the 1840s, 2010 : réseau, cours ferroviaires, sort des différents financeurs et recettes de 1905. Étude.
Compagnies aériennes
- Airlines for America, à partir du Bureau of Transportation Statistics : passagers embarqués et comptes des compagnies américaines. Marge cumulée calculée sur 1977-2024 : 29,8 milliards de résultat net / 5 010 milliards de recettes, soit environ 0,6%. Série historique.
- Berkshire Hathaway : investissement US Air en 1989, interruption des dividendes, vente avec un gain en 1998 et évocation d’Orville Wright. Lettre aux actionnaires 2007.
- Severin Borenstein, On the Persistent Financial Losses of U.S. Airlines, 2011 : évolution de la recette réelle par passager-mile. Étude NBER.
Fibre optique
- Couper, Hejkal et Wolman, Réserve fédérale de Richmond, Boom and Bust in Telecommunications, 2003 : investissements en équipements, surcapacités et faillites. Étude.
- Global Crossing : 13,7 milliards de dollars dépensés pour le réseau, audition à la Chambre des représentants du 21 mars 2002 ; acquisition de 61,5% pour 250 millions, décision FCC DA 03-3121.
- William B. Norton, Internet Transit Pricing, Historical and Projected : relevés informels de prix de transit, 1 200 dollars/Mbps/mois en 1998 et 5 dollars en 2010. Ces relevés ne sont pas une moyenne statistique de toutes les transactions. Archive de la source.
Solaire
- IRENA : capacités de 14 630 MW en 2008 et 1 858 622 MW en 2024, soit un rapport de 127, calculé. Statistiques 2018, statistiques 2025.
- IRENA, Renewable Power Generation Costs in 2024 : modules en silicium cristallin -97%, coût de production de l’électricité solaire -90%, entre 2010 et 2024. Rapport.
- Faillites : Solyndra, rapport du Congressional Research Service ; Q-Cells, communiqué du 26 août 2012 ; Suntech, communiqué du 19 mars 2013 ; SunEdison, déclaration du 27 avril 2016.
- Agence internationale de l’énergie : part de la Chine supérieure à 80% des étapes de fabrication, Solar PV Global Supply Chains, 2022 ; marges nettes négatives des fabricants intégrés en 2024, Renewables 2024.
- Daqo New Energy : fabrication de polysilicium, marge brute de 74% et bénéfice net de 1,82 milliard de dollars en 2022 ; perte en 2024. Rapport annuel 2024 déposé auprès de la SEC.
Voitures électriques et cannabis
- Agence internationale de l’énergie, Global EV Outlook 2025 : volumes de ventes et comparaison des prix en Chine. Rapport.
- Faillites des cinq constructeurs : dépôts réglementaires Lordstown du 27 juin 2023, Fisker du 24 juin 2024, Arrival du 10 juin 2024, Canoo du 21 janvier 2025 et Nikola du 19 février 2025. Rapport annuel Nikola 2024 et annulation des actions.
- CATL : marges brutes 2022-2024, prospectus de mai 2025. BYD : bénéfice 2024, résultats annuels. Tesla : marges automobiles 2022 et 2024, rapport annuel 2024.
- Statistique Canada : ventes au détail des magasins de cannabis, tableau 20-10-0056-01, sommes annuelles calculées ; recettes publiques et ventes de l’exercice 2024-2025, respectivement 2,5 et 5,5 milliards, soit le ratio officiel de 45 centimes de recettes publiques par dollar de ventes ; indice des prix, tableau 18-10-0004-01, 100 en décembre 2018 et 69,1 en août 2026. Cours Canopy Growth, Tilray et Aurora ajustés des regroupements : séries Nasdaq consultées le 14 octobre 2026.
Internet, IA et longévité
- Laboratoires d’IA cités : présentation de Mistral. AMI Labs, cofondée par Yann LeCun, développe des modèles destinés à représenter le monde réel et à prévoir les conséquences d’actions.
- Cisco : rapport annuel 2000 et clôture record du 10 décembre 2025, CNBC. Comparaison de cours hors dividendes.
- Nvidia : résultats annuels 2026, exercice clos en janvier 2026. TSMC : rapport annuel 2025, marge brute annuelle de 59,9%, distincte des 62,3% du quatrième trimestre. ASML : résultats annuels 2025.
- Eli Lilly : rapport annuel 2025. Novo Nordisk : résultats annuels 2025. Prix des génériques indiens du sémaglutide annoncés par les fabricants : CNBC, 23 mars 2026.
- Longevity.Technology : présentation du rapport du 16 septembre 2026. Financements 2024-2025 et projection 2045 attribués à cette étude privée, sans assimilation à une prévision certaine.
Sources complémentaires des explications
- California State Parks, transcription Marshall Gold Discovery : pelles, pioches, nourriture et vêtements vendus par Brannan.
- National Park Service, The Wright Flyer : premiers vols motorisés contrôlés de 1903 près de Kitty Hawk.
- Daqo New Energy, rapport 20-F 2019, activité : polysilicium vendu aux fabricants de produits photovoltaïques.
- Stanford HAI, AI Index 2025, résumé officiel : prix par million de tokens passé de 20 à 0,07 dollar entre novembre 2022 et octobre 2024 pour des modèles atteignant au moins le niveau de GPT-3.5 sur le test MMLU. Division supérieure à 280 ; modèles différents, sans assimilation au coût d’entraînement ni au prix d’un abonnement.


