Voilà plusieurs années que je suis exposé sur du “private credit” ou “dette privée” (prêts réalisés hors marché boursier à des entreprises), avec des rendements de 10 à 20% annuel.

Jusqu’ici cela se passe plutôt bien, malgré des retards sur 2 lignes, mais j’estime la probabilité élevée de recouvrir mon capital et les intérêts.

L’idée est simple : on prête à des entreprises non cotées, souvent en premier rang (senior secured : priorité de remboursement + sûretés réelles comme nantissements, hypothèques, etc.), et on encaisse un coupon (intérêt versé, parfois à taux variable indexé sur SOFR/Euribor).

Ce n’est pas magique : il y a des défauts possibles et de la liquidité limitée (on ne sort pas toujours quand on veut). Mais bien construit, c’est une source de revenu robuste.

Disclaimer

Ce contenu est fourni à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée au sens de la réglementation (AMF). Il ne tient pas compte de votre situation personnelle (objectifs, horizon, profil de risque, fiscalité). Toute décision d’investissement vous appartient et doit être prise après avis d’un professionnel habilité (CIF/PSI, avocat, expert-comptable). Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ; vous pouvez perdre tout ou partie du capital investi.

1) De quoi parle-t-on exactement ?

Le private credit recouvre plusieurs sous-familles :

  • Direct lending (prêt direct à une entreprise, généralement en 1er rang, à taux variable) : le « cœur de gamme » du marché.

  • Unitranche (prêt unique qui remplace plusieurs couches de dette : un mix 1er rang + mezzanine, avec un seul contrat, un seul taux).

  • Mezzanine (dette subordonnée : remboursée après la dette 1er rang, donc plus risquée → coupon plus élevé).

  • ABF / Asset-Based Finance (prêt adossé à des actifs : créances clients, stocks, machines, abonnements ; on prête « contre du collatéral »).

  • Real estate debt (dette immobilière privée : financement de projets ou de portefeuilles immos avec hypothèques en garantie).

  • Venture debt (dette à des startups/scale-ups déjà financées par des VCs, souvent avec warrants : droit d’acheter des actions plus tard).

  • Opportunistic / distressed (situations spéciales : refinancements tendus, restructurations, rachats d’actifs en difficulté ; risque plus élevé mais primes plus grasses).

Pourquoi c’est attractif ?

  1. Priorité dans la structure de capital (en cas de pépin, les prêteurs 1er rang sont servis avant les actionnaires).

  2. Taux attractifs ( du 10% annuel n’a rien d’anormal sur cette classe d’actif)

2) Les risques

  • Liquidité : beaucoup de véhicules ont des fenêtres de rachat (périodes où l’on peut demander à sortir) avec plafond (gate : limite des sorties, par ex. 5 % de l’actif par trimestre). En stress, on reste coincé.

  • Perte : si l’entreprise va mal → défaut (non-paiement). Ce qui fait la différence : covenants (clauses de protection : levier max, DSCR = Debt Service Coverage Ratio, etc.), sûretés, réactivité de l’équipe de recouvrement.

  • Concentration sectorielle : trop de lignes associées à un seul secteur ou une seule zone géographique ? Le risque s’additionne.

  • Change : prêter en GBP quand on vit en EUR = prime ou perte potentielle mais variabilité, mais cela permet de se diversifier aussi en devises.

3) Par où entrer quand on a 500 k€ à 10 M€ de patrimoine ?

a) Prudent (revenu régulier)

  • ELTIF 2.0 (European Long-Term Investment Fund nouvelle génération : cadre européen qui ouvre l’accès aux particuliers accompagnés, avec règles de liquidité encadrées).

  • Fonds de direct lending 1er rang (Europe/US ; tickets 50–250 k€ ; horizon 5–8 ans ; distributions trimestrielles le plus souvent).
    Objectif : construire une rente nette décente, avec une volatilité basse.

b) Poche « liquide de marché » (tu acceptes la volatilité)

  • BDC cotées (Business Development Companies : sociétés de prêts privées listées en bourse ; rendement élevé mais prix qui bouge comme une action).

  • ETF orientés BDCs (panier diversifié).
    Objectif : garder une option de sortie rapide, au prix d’une volatilité plus forte.

c) Opportunistic / niche

C’est ce que je fais majoritairement pour ma part, je chasse des offres pour initiés, difficilement accessibles, plus difficiles à appréhender et analyser, et qui dépendent fortement des compétences des porteurs de projets.

Cela peut être :

  • des opérations de marchand de biens dans le monde entier,
  • des places de marchés élaborées pour s’exposer au marche Asiatique,
  • des entreprises spécialisées dans du crédit court terme,
  • etc…

Mais c’est aussi ce qui paye le plus…

4) Les véhicules d’accès, avantages / inconvénients

a) ELTIF 2.0 (Europe) :

  • Accès pour investisseurs privés, tickets raisonnables, gouvernance encadrée.
  • Liquidité périodique (fenêtres), frais variables, sélection essentielle

b) BDC non cotées (US) (BDC « perpetual » distribuées en banque privée) :

  • Rendement régulier, portefeuille diversifié de prêts privés.
  • Gates possibles (plafonds de rachat) en période de stress.

c) BDC cotées / ETF BDCs :

  • Liquidité quotidienne, transparence des cours.
  • Volatilité actions : le prix peut baisser même si les prêts payent.

d) Opportunités spéciales :

  • Accès à des situations spéciales mieux rémunérées.
  • Complexité, dispersion forte, due-diligence cruciale.

5) Due-diligence : la check-list

  1. Positionnement : 1er rang ? Sûretés réelles ? (nantissements, hypothèques, cessions Dailly, etc.)

  2. Covenants : présence de DSCR (ratio de couverture du service de la dette), de levier max, d’informations mensuelles/trimestrielles ?

  3. Taux : variable indexé SOFR/Euribor ou fixe ? Spread suffisant vs concurrence ?

  4. Concentration : poids du top-10 emprunteurs ; limites par secteur ; limites par secteur géographique.

  5. Process crédit : comités, stress tests, équipe work-out (restructuration et recouvrement) interne.

  6. Levier du fonds : lignes subscription/NAV ; limites ; covenants des banques.

  7. Valorisation : méthodologie, auditeur, indépendance du pricing.

  8. Liquidité : fréquence de fenêtres de rachat, présence de gates, priorité pro-rata en cas d’afflux.

  9. Frais : management/performance, frais admin, coût des lignes de crédit (attention aux “frais cachés”).

  10. Historique : taux de défaut, taux de récupération, pertes nettes cumulées par millésime.

  11. Génération du rendement : comment est généré le rendement ? Est-ce que le taux que l’on me sert est viable ?

6) Mini glossaire

  • Spread : prime ajoutée au taux de base (ex. SOFR + 5,5 %).

  • SOFR / Euribor : taux courts de référence USD / EUR.

  • Covenant : clause de protection (levier max, DSCR, information).

  • Covenant-lite : covenants allégés (moins protecteur).

  • Gate : plafonnement des rachats sur une période.

  • ELTIF 2.0 : cadre EU pour fonds long terme accessibles aux particuliers.

  • BDC : société de prêts privés ; cotée (liquide) ou non cotée (fenêtres).

  • ABF : prêts adossés à des actifs (stocks, créances, équipements).

  • Unitranche : prêt unique, intermédiaire entre 1er rang et mezzanine.

  • NAV / subscription line : levier au niveau du fonds (crédit gagé sur NAV ou engagements).

  • OID : décote à l’émission, qui booste le rendement effectif.

  • Vintage : millésime d’investissement (année d’origination des prêts).

  • LTV : loan-to-value, ratio prêt/valeur de l’actif.

Conclusion

La dette privée est un bon moyen de se générer de la rente et d’avoir des rentrées d’argent régulières. C’est particulièrement intéressant (en tout cas c’est ce que je fais) de le combiner avec des l’investissement long terme, illiquide mais avec un potentiel rémunérateur plus important (exemple avec les Search Funds à 35% annuel…).

Note légale : ce texte est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Adapte toujours à ta situation, ta fiscalité et ton horizon.

Cédric Tempestini

Cédric Tempestini

Pour ceux qui ont de l’argent. Deal Hunter, Investor, Serial Entrepreneur, BA, Author

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